Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


samedi 16 décembre 2017

Pierre Bourdieu: "Et, pour s'arracher au pré-pensé, il faut une formidable énergie de rupture, une violence iconoclaste que l'on trouve plus souvent chez des écrivains comme Thomas Bernhard ou des artistes comme Hans Haacke, que chez des professeurs de sociologie, même tout à fait «radicaux» en intention."

"Plus largement, beaucoup des instruments de construction de la réalité sociale (comme les catégories professionnelles, les classes d'âge, etc.) sont des catégories bureaucratiques que personne n'a pensées. Comme le dit Thomas Bernhard, dans Alte Meister, nous sommes tous plus ou moins des «serviteurs de l'Etat», des «hommes étatisés», en tant que produits de l'Ecole et professeurs ... Et, pour s'arracher au pré-pensé, il faut une formidable énergie de rupture, une violence iconoclaste que l'on trouve plus souvent chez des écrivains comme Thomas Bernhard ou des artistes comme Hans Haacke, que chez des professeurs de sociologie, même tout à fait «radicaux» en intention."
in Entretien avec Pierre Bourdieu — recueilli par Beate Krais en décembre 1988, in Le métier de sociologue. Préalables épistémologiques, Pierre Bourdieu, Jean-Claude Chamboredon, Jean-Claude Passeron, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, Co-éditeur Mouton de Gruyter, 2005 (1968), p.viii




(Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à  mesure,  Gilbert Quélennec)
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



 

 

 



--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 
 
voir également:  

Pierre Bourdieu:" j'ai dit quelque part que j'avais deux modèles conscients: Proust et Flaubert." 


Publications de Pierre Bourdieu: Le champ littéraire, Le champ artistique et Le champ de la critique

Publications de Pierre Bourdieu: à propos de Marcel Duchamp, Patrick Saytour, Hans Haacke, Daniel Buren et Andrea Fraser

Publications de Pierre Bourdieu, sur Manet

 

Publications de Pierre Bourdieu: autour de la revue Liber- Revue européenne des livres (Revue internationale des livres à partir de 1994)

Interventions de Pierre Bourdieu: avec le Parlement International des Ecrivains 

Publications de Pierre Bourdieu: autour du livre Les règles de l'art  



jeudi 14 décembre 2017

vidéo: Martine Court, Sociologie des enfants


Martine Court
Sociologie des enfants 
La Découverte
Repères
2017

Présentation de l'éditeur
Alors que l’étude de l’enfance a longtemps relevé de manière exclusive de la psychologie, cet âge de la vie suscite aujourd’hui un grand nombre de recherches en sociologie.
Comment les enfants vivent-ils au quotidien dans les sociétés occidentales ? Quelles normes président à leur éducation ? Que font-ils lorsqu’ils se retrouvent entre eux, hors de la présence des adultes ? Quel rôle joue l’enfance dans la reproduction des inégalités et dans l’apprentissage des rapports de domination, de classe et de genre ? Telles sont quelques-unes des questions que les sociologues se posent à propos des enfants et auxquelles ils apportent des réponses à travers de nombreuses enquêtes de terrain.
Centré principalement sur la période actuelle, mais en mobilisant aussi des travaux d’historiens, cet ouvrage propose une synthèse de ces recherches. Ce faisant, il montre que l’enfance est fondamentalement une réalité sociale, qui renvoie à des expériences extrêmement différenciées en fonction de l’époque historique, du lieu de naissance, de l’origine sociale et du sexe.
Martine Court, ancienne élève de l’ENS Cachan, agrégée de sciences sociales, est maîtresse de conférences en sociologie à l’université Clermont Auvergne.
Extraits




mardi 12 décembre 2017

Discours et (re)constructions identitaires. Analyses interdisciplinaires, Thierry Guilbert, Pascaline Lefort (dir.)


Discours et (re)constructions identitaires
Analyses interdisciplinaires
Thierry Guilbert, Pascaline Lefort (dir.) 
Septentrion
Paradoxa
2017

Présentation de l'éditeur
C'est d’abord par les discours que les individus, groupes sociaux et institutions proclament, utilisent et reconfigurent leurs identités (individuelles, sociales, professionnelles, politiques, nationales, ethniques, etc.). Le parti-pris, qui fait l’originalité de cet ouvrage collectif, n’est pas de chercher une définition de l’identité, mais d’analyser le rôle des discours dans la construction des diverses identités dans le but de mieux en percevoir les enjeux.
Les contributions s’inscrivent en sciences politiques, en droit, en sociologie, en psychologie, en sciences du langage et en sciences de l’information et de la communication. Les analyses portent sur les discours identitaires dans des situations concrètes et des terrains divers : enseignement des langues étrangères, orthographe et transcription du breton, métiers d’art, hôpital, politique, médias traditionnels et en ligne, journalisme, cinéma, musée de la mémoire au Chili, Cour européenne des droits de l’homme…

samedi 9 décembre 2017

Une critique de solitude‪. Entretien avec Pascale Casanova réalisé par Yves Lacascade


"Pascale Casanova − Je crois que je fais partie des gens qui ont été totalement transformés par leur rencontre avec PB. Il s’est beaucoup intéressé à ma situation à France Culture qui était, comme je te l’ai expliqué, assez dominée et difficile. À son contact, j’ai donc opéré une espèce de « (re)conversion intellectuelle », moi qui étais littéraire. Il m’a proposé un sujet de thèse et je me suis inscrite avec lui. J’ai été suivre ses cours au Collège de France et je suis un peu entrée dans sa « tribu ». Il était très enthousiaste, se mettait au boulot tout de suite, te parlait très bien de ce que tu faisais. Il donnait l’impression de s’intéresser à des choses auxquelles personne d’autre ne s’intéressait, mais qui étaient justement les plus importantes. Il s’imprégnait de tout. Voir un grand intellectuel au travail, ça t’apprend à travailler. Tu découvres que c’est sérieux, que ça ne rigole pas. Il m’a enseigné le réalisme du travail intellectuel : comment on se met au travail, comment on écrit et que ce n’est pas du blablabla abstrait et sans enjeu, que ce sont des choses très concrètes et qui comptent. C’est ce que j’ai compris avec lui. On retrouve d’ailleurs ce même « réalisme » dans son rapport avec la littérature en tant qu’objet sociologique, ce refus du mysticisme ou de la mythologie, attitude qui déplait beaucoup aux littéraires mais qui pourtant n’a rien d’antilittéraire. Il ne rend pas la littérature moins intéressante, bien au contraire, en montrant par exemple ce qu’elle peut avoir de révolutionnaire ou d’extraordinaire, au sens propre. Je suivais ses conseils, par exemple : « Ne lisez pas, vous lirez après », pour ne pas s’empêcher de réfléchir par soi-même. C’est quand même beaucoup, dans la vie, de rencontrer quelqu’un qui vous permette de penser des choses que l’on ne s’autorisait pas à penser avant. Il disait aussi : « On ne sait pas exactement ce qu’on fait quand on écrit et ce n’est qu’après-coup qu’on comprend vraiment ce que l’on a fait. »" Pascale Casanova, in   Une critique de solitude‪. Entretien avec Pascale Casanova réalisé par Yves Lacascade, Journal des anthropologues, 2017/1 (n° 148-149), p. 183-202.








jeudi 7 décembre 2017

Vers une histoire sociale des idées politiques, Chloé Gaboriaux, Arnault Skornicki (dir.)

Vers une histoire sociale des idées politiques
Chloé Gaboriaux, Arnault Skornicki (dir.)
Septentrion
Espaces politiques
2017

Présentation de l'éditeur
L'histoire sociale des idées politiques correspond à un authentique projet de rénovation disciplinaire : ancrer l’histoire des idées politiques dans les sciences sociales. Cependant, ce projet doit encore devenir un programme articulé, entre la sociologie des intellectuels, la généalogie foucaldienne, la sémantique historique, l’analyse du discours et des langages politiques… Sans prétendre livrer la formule magique de son unité méthodologique, cette série de contributions et d’entretiens donne à voir la pluralité et le dynamisme de l’histoire sociale des idées politiques. Elle offre non seulement un panorama international, mais aussi de nombreuses pistes méthodologiques et empiriques, que ce soit sur la notion cardinale de « contexte », le rapport de Quentin Skinner à la sociologie, le laboratoire démocratique, ou l’histoire des idées en milieu populaire. Fruit d’un important effort collectif, cet ouvrage transdisciplinaire est le premier du genre sur un domaine en pleine expansion.



mercredi 6 décembre 2017

Présentation et discussion en présence de l’auteur de: La sous-traitance en piste. Les ouvriers de l’assistance aéroportuaire de Fabien BRUGIERE.(LIRE LES SCIENCES SOCIALES, 13 décembre 2017)

LIRE LES SCIENCES SOCIALES 2017/2018
Mercredi 13 décembre 2017
14 h 00 - 16 h 30
CNRS/Site Pouchet, Salle 311
59 - 61, rue Pouchet, 75017 Paris
Présentation et discussion (en présence de l’auteur) de :
La sous-traitance en piste : les ouvriers de l’assistance aéroportuaire (Eres, 2017) de Fabien BRUGIERE.
Par Cédric LOMBA (Directeur de recherche, CRESPPA)



Fabien Brugière
La sous-traitance en piste
Les ouvriers de l’assistance aéroportuaire
Erès
Clinique du travail
2017

Présentation de l'éditeur
En se fondant sur une enquête de terrain accomplie en immersion au sein d’une société sous-traitante d’assistance aéroportuaire, l’auteur livre une analyse sociologique des évolutions de ce secteur libéralisé, à la fois spécifiques et représentatives du monde du travail contemporain. Il décrit les mutations de l’emploi et de l’organisation du travail dans le domaine des transports aériens, suite à sa déréglementation au cours des années 1990 et au développement concomitant de la sous-traitance.
En effet, pour répondre aux exigences des compagnies aériennes donneuses d’ordres, le management impulse des réformes organisationnelles au niveau du travail en piste (individualisation des carrières, intensification du travail). Se développent ainsi des logiques de précarisation et de fragmentation des collectifs de travail.
À la lumière de ces transformations productives, l’ouvrage aborde les politiques de sécurité et de sûreté mises en œuvre, la santé au travail, la délégation du « sale boulot », le déclin des solidarités professionnelles et les relations ethniques au sein de collectifs ouvriers principalement issus de l’immigration. En dépit de ses spécificités, le secteur aéroportuaire apparaît ainsi comme un laboratoire privilégié des évolutions actuelles du monde du travail.   

Fabien Brugière est chercheur associé au laboratoire CRESPPA-GTM, docteur en sociologie (université Paris Nanterre), ancien élève de l’École normale supérieure de Paris.